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dimanche 19 avril 2015

BIU Santé : le président de Paris Descartes « ne comprend pas où est le problème »

Le 13 avril dernier, le journal Le Monde a publié un article qui fait état de la situation désastreuse que subit depuis plus d’un an la BIU Santé (1).  En choisissant pour titre La « BNF de la santé » en pleine crise, Sandrine Cabut, journaliste, donne pleinement la mesure du problème : l’« établissement mythique » qui est le nôtre est passé brutalement du rang de bibliothèque de référence au niveau national et international à celui de petite bibliothèque.

Quatre membres du collectif BiuSanteEnDanger (2) ont pu confier leur difficulté, voire leur incapacité à remplir au quotidien leur mission, et la perte de sens qui en découle. L’absence de statuts officiels pour la bibliothèque, qui a conduit à des coupes claires dans le budget et au non-versement des subventions et crédits fléchés qui lui sont destinés, a eu des conséquences catastrophiques, qui rendent caduques les missions de conservation pérenne, de diffusion de l’information scientifique et technique et d’acquisition systématique des collections dans le domaine de la santé.

Cette carence documentaire, la pire en plus de deux siècles (exception faite, peut-être, des périodes allant de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945), ruine la bibliothèque autant qu’elle impacte notre large, très large public, qui, lui, n’est pas insensible au problème.

Un témoignage de lecteur sur le cahier de suggestions de la bibliothèque est publié dans l’article : « Venu chercher 30 références, je suis reparti avec seulement 8 articles »… Voilà un fait : cru, nu, têtu. Et hautement significatif du problème qui affecte la formation initiale, la formation continue de nos usagers, l’enseignement et la recherche qui visent pourtant, selon un mot apprécié du président, « l’excellence » !
Témoignage d'un lecteur confronté au problème
Car la bibliothèque est autant un lieu de conservation et de transmission des savoirs que de productions du patrimoine et de la science de demain.

Sans livre, quid de la transmission, de la pédagogie, de la formation, de l’enseignement ?

Sans articles récents, quid de la recherche et de l’innovation ?

Interrogé à son tour, le président, « furieux » selon la journaliste du Monde, se plaint seulement du coût exorbitant de la documentation électronique. Pour les professionnels réunis dans Couperin, dont la BIU Santé pilote le pôle « Sciences de la vie et de la santé », l’inflation tarifaire dans le domaine de la documentation électronique n’est pas une découverte. Là n’est surtout pas le fond du problème, ni la raison des coupes budgétaires. Et c’est donc bien déçu que l’on va jusqu’au bout des propos du président, qui n’apporte pas de réponse aux questions légitimes des usagers et des bibliothécaires.

Pour couper court à toute discussion, celui dont « la porte est toujours ouverte » préfère fermer les yeux : « Je ne comprends pas où est le problème », conclut-il. Cela n’est pas de nature à nous rassurer, ni à rassurer tous ceux qui sont attachés à l’histoire et au patrimoine de la médecine et de la pharmacie, au maintien d’un enseignement de qualité et d’une recherche de pointe dans deux disciplines qui attirent chaque année toujours plus d’étudiants.

La BIU Santé a reçu plus de 350 soutiens en quelques jours (3), des soutiens provenant d’usagers ponctuels ou assidus de la bibliothèque : étudiants, enseignants, chercheurs ; de bibliothécaires ou documentalistes ; d’amis des sciences et des humanités ; de lecteurs sur place ou à distance, français ou étrangers ; de personnalités de premier plan et d’usagers inconnus, qui, tous, comprennent et disent, à l’unisson, qu’il y a un problème.

Si vous « comprenez où est le problème »,
aidez le président de l’université Paris Descartes à le comprendre aussi en lui écrivant.
Soutenez la BIU Santé : cliquez ici !


NB: le personnnel de la BIU Santé, à ce jour, n’a reçu aucune réponse de Mme Simone Bonnafous,  Directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, à qui il a adressé une lettre ouverte le 12 mars.

(Emprunt à la bibliothèque des sciences de la santé de l'UVSQ,
à qui nous souhaitons bonne chance.)

(1) Nous avons pris connaissance de cet article en nous rendant dans le kiosque le plus proche de la bibliothèque, car nous n’avons plus d’abonnement au Monde. Pour ceux qui ont la chance d'y accéder en ligne, c’est ici.

(2) Les quatre personnes interrogées étaient : Nicolas de Bourges, Gilles Chubère, Vaast Bourdin et Guillaume de Voulges.

(3) Courriels expédiés au président et reçus par nous en copie. Les messages signés de plusieurs personnes sont comptés pour un.
Ne sont pas comptés ici les courriers expédiés au président et au Ministère par d’autres voies, et dont nous avons eu parfois connaissance.
120 personnes nous suivent sur FaceBook, et 200 sur Twitter
Que tous ceux qui ont écrit ou manifesté leur soutien soient très chaleureusement remerciés !

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